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Le hors film ou qu’est ce qu’une salle de cinéma ?
Les établissements de spectacles cinématographiques[1] ayant été depuis quelques années fortement incités à moderniser leurs équipements et à s’équiper pour des diffusions en numérique, au moins un millier de salles (1000 fin avril 2010, et 50 de plus chaque mois[2]) peuvent maintenant ajouter à leur programmation de films de cinéma, des retransmissions en différé ou en direct d’évènements culturels et sportifs.
Le problème soulevé, entre autre, par le CNC[3] est que cette nouvelle offre doit plutôt s’entendre, non pas comme un ajout, mais comme une expérience de substitution, mettant en danger l’exploitation des spectacles cinématographiques.
Ainsi, pour les exploitants qui croyaient avoir trouvé une issue au problème de rentabilité de leur salle et de leur équipement, vécue comme une sous-exploitation des salles, un nouveau décret leur propose d’envisager une autre version des faits.
En effet, pour le CNC, on assiste non pas à une sous-exploitation des salles, mais à une sous-exploitation des films. A cette problématique naissante de « rareté de l’écran [4]» le CNC propose donc une nouvelle mesure incitative, à savoir que pour les séances relevant du hors film, « la TSA [5] continuerait d’être prélevée mais le soutien généré par les entrées ne serait pas reversé à l’exploitant ».
Cette question de la bonne intégration du hors film au dispositif de soutien à l’industrie cinématographique française, débattue lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’équipement numérique des établissements de spectacles cinématographiques (juin 2010), ferait l’objet d’un nouvel article dans le code du cinéma et de l’image animée, « qui prévoit que les établissements programmant des films de longue durée inédits en salles recevront une contribution financière – une « contribution numérique » –, de la part des distributeurs, lesquels participeront ainsi au financement des équipements de projection numérique. Cette contribution sera également due par les personnes qui mettent à la disposition de l’exploitant des programmes dits « hors film », comme la retransmission de compétitions sportives ou d’émissions de télévision[6]. »
Le sport et les émissions finançant les films de cinéma…un goût de déjà vu ?
Et M. Marcel Rogemont d’ajouter « À titre personnel, je me demande si l’on ne devrait pas imposer la programmation exclusive de films certains soirs[7]. »
[1]http://www.cnc.fr/CNC_GALLERY_CONTENT/DOCUMENTS/textes_juridiques/code_cine_image_animee/Code_cinema_140610.pdf
[2] http://www.esra.edu/esra/index.php?option=com_content&task=view&id=1288&Itemid=523
[3] Rencontres au Pavillon des Auteurs SACD - ARP à Cannes, intervention d’Olivier Wotling, Directeur du Cinéma, Centre National de la Cinématographie et de l’image animée, mai 2010
[4] ibid
[5] Taxe spéciale additionnelle, http://fr.wikipedia.org/wiki/Taxe_sp%C3%A9ciale_additionnelle
[6] Commission des affaires culturelles et de l’éducation, 9 juin 2010 - http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cedu/09-10/c0910049.asp
[7] ibid


