Vagabond THD

Publié le 10/09/2009, modifié le 26/10/2009


1 / Descriptif de l’installation

1-1 / Air-tagging et autres concepts sous-jacents

Le « air-tagging » géolocalisé

Le dispositif consiste à charger des informations numériques de n’importe quelle nature (ex. des billets au format blog, images, enregistrement audio ou vidéo HD) sur des serveurs dont l’architecture réseau est celle d’un « cloud centralisé[1] ».

A chaque contenu est associé une localisation sur une carte géographique de sa ville. Une carte des données localisées est disponible sur internet et accessible via son terminal, fixe ou mobile. Ces informations ne peuvent être collectées qu’en passant à proximité de ces coordonnées latitude-longitude dans l’espace public réel. La collecte est donc réalisée à l’aide d’un appareil sans fil comme un téléphone mobile LTE (i.e. 4G) ou n’importe quel dispositif portable disposant d’une connexion Wimax ou WiFi-n.

Outres des informations téléchargeables, on peut également penser à un accès à des « streaming hyperlocaux », i.e. de mini radio-amateurs ou tv-amateurs accessibles dans un rayon d’action limité à certaines zones géographiques. Par exemple :

  • la zone de couverture d’une station de base WiFi-n dont on peut régler la puissance de façon simple afin de réduire la portée d’émission à la distance souhaitée ;
  • la zone de couverture d’une sélection de stations de base WiFi-n membre d’une même communauté d’amateurs.

Le « air-tagging » visualisable en réalité augmentée

Un second mode de représentation des données peut être ajouté, il s’agit de symboliser chaque information géolocalisée par une icône affichée en surimpression lorsqu’on regarde le lieu réel à travers la caméra de son téléphone mobile. On se rapproche alors sensiblement du projet de la Sekai camera. Il s’agit alors d’une infrastructure dite de « air-tagging » qui s’appuie sur une « vision augmentée » de la réalité.

La relocalisation de l’information

La disponibilité des informations peut être différente selon le mode d’accès :

  • la collecte dans l’espace public réel met à disposition toute l’information à jour
  • la consultation depuis internet ne permet de prendre connaissance que de la position sur une carte géographique en 2D, accompagnée d’un résumé textuel ou d’un extrait audio vidéo.
  • L’idée est d’obliger à réinscrire l’information dans un lieu de l’espace public urbain. L’effet est de forcer les personnes intéressées par les données ou leur mise à jour à passer ou repasser physiquement dans le lieu de façon régulière ou tout au moins d’influer sur leur trajectoire quotidienne à travers la ville.

Prolonger les asymétries dues aux contraintes technologiques par des règles du jeu qui produisent des situations de complémentarité entre utilisateurs

L’expérimentation du jeu Mogi[1] au Japon s’appuyait sur les asymétries de débit, de coût et de mobilité des technologies internet filaires et de téléphonie mobile observable en 2005 au Japon. Dans le cadre du THD, on cherchera à s’appuyer sur les asymétries principales caractérisant le système {THD filaire, THD sans-fil}:

  • les accès filaires sont dans des bâtiments des grandes villes et sans possibilité de mobilité. Les accès mobiles ont une couverture urbaine, qui peut être étendue aux zones rurales pour un moindre coût que le filaire, ils sont centrés sur la couverture des zones extérieures et des zones d’intérieur à très forte fréquentation qui comportent des antennes spécifiquement dédiées (femto-cellules) ;
  • le débit sur filaire est fixé pour chaque utilisateur ou réseau local, contrairement aux technologies sans-fil qui offrent un débit pratiquement équivalent mais à partager entre un nombre d’utilisateurs connectés simultanément à une station de base, ce nombre peut varier très rapidement lors d’évènements ponctuels (ex. match de foot dans des stades obligeant à modifier la géométrie des zones de couverture des autres stations environnantes pour augmenter la bande passante globale couvrant le stade) ;
  • les problèmes de congestion et de gigue pour les réseaux filaires et sans-fil peuvent être indépendants, surtout si le réseau sans-fil possède un mode ad-hoc. Des réseaux THD filaires d’opérateurs différents peuvent favoriser le haut débit entre abonnés du même FAI au détriment des connexions inter-FAI, plus spécialement entre FAI de pays différents ;
  • les débits globaux pour le THD sans-fil peuvent être importants en mode ad-hoc sans nœud intermédiaire car cela diminue d’autant la probabilité d’avoir un goulot d’étranglement entre les deux terminaux communicant ;
  • les temps d’établissement de connexion sont nettement plus importants pour les technologies sans-fil, occasionnant du « lag » lors du rafraichissement en temps réel de la position de l’utilisateur. Les mouvements des utilisateurs mobiles dans l’espace réel seront donc transposés dans l’espace numérique sous forme de mise à jour de leur position « par saut ».

Il existe donc une opposition entre « statique hautement interactif dans l’environnement virtuel et quasiment pas interactif dans l’environnement réel » et « mobile interactif dans l’environnement réel et virtuel, mais défavorisé dans le virtuel par rapport au filaire ». On remarquera enfin que la communication entre un utilisateur sur réseau filaire et un qui se trouve sur réseau mobile peut se faire soit par le biais de l’interface du système de air-tagging soit en utilisant n’importe quel autre moyen de télécommunication. Dans ce dernier cas les combinaisons entre moyens de communications et de réplication des informations localisées sont quasi-infinies[2].

1-2 / L’outil de collecte « Vagabond »

Description

Le logiciel dispose d’un mode de collecte « Vagabond » basé sur un agrégateur de flux RSS ou de Podcast audio /vidéo : chaque fil RSS contiennent un tag de localisation géographique (coordonnées GPS).

Préparation des filtres

Avant de partir en ville, l’usager visualise une carte localisant les émetteurs sans-fils en filtrant par tags ou groupes de tags. qui permettent de ne sélectionner que les flux RSS correspondants (ex. l’option Watches de l’agrégateur RSS Great news pour un premier modèle de filtre[3]).

  • mode 1 : les données correspondantes sont téléchargées petit à petit lors de chaque passage près du spot ;
  • mode 2 : seul les tags sont capturés au passage, les données sont téléchargées via une connexion internet ;
  • mode 3 : le son et la vidéo sont activés automatiquement lorsqu’un flux streamé correspondant aux tags est détecté à proximité ;
Visualisation thématique et spatiale

deux modes de visualisation spatiale des tags sont possibles sur une carte Google Maps :

  • la visualisation des tags de tous les spots sans-fil traversés. Ce mode agrège tous tags « rencontré sur le chemin » lors du vagabondage.
  • la visualisation uniquement des tags collectés permet de créer des itinéraires thématiques par centre d’intérêt (tag unique ou agrégation de tags traitant le même thème) en calculant un plus court chemin par rapport aux itinéraires habituellement suivis (calcul statistique).

2 / Etat de l'art

2-1 / Technologies sans-fil

WiFi Wimax

2-2 / Matériel sans-fil

  • les set-top box WiFi des particuliers qui souhaitent partager des médias avec les passants, par exemple les routeurs FON ;
  • les téléphones avec une connexion WiFi paramétrée en partage de donnée : ex. FreeWiFi connect pour Androïd ;
  • en scannant des RFID Longue portée UHF avec une mémoire active importante, par exemple Mobynear.

Notes

[1] Licoppe Christian, Inada Yoriko, Les usages émergents d’un jeu multijoueur sur terminaux mobiles géolocalisés. Mobilités équipées dans un japon « augmenté » et « rencontres d’écran », Réseaux 2005/5, n° 133, p. 135-164

[2] Licoppe Christian, Inada Yoriko, op. cit., p. 148

[3] http://www.curiostudio.com/feature.html


Publié le 10/09/2009, modifié le 26/10/2009