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Jalons historiques photo, cinéma, télévision
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Publié le 02/11/2009, modifié le 02/11/2009
Photographie
1839 : les premiers daguerréotypes
Présentation par Arago à l'Académie des sciences de l'« invention » de Daguerre, le daguerréotype qui permet de réaliser des clichés avec un temps de pause de 30 minutes environ.
1840 : Talbot invente le négatif qui facilite les copies multiples des photographies
Talbo créé le « calotype », et initie les procédés négatif-positif qui permettent la diffusion multiple des images.
1850 : Nadar a l’idée d’utiliser les nouveaux procédés photographiques de façon commerciale en vendant des portraits de célébrités.
1888 : Eastman lance à la tête de son entreprise Kodak le premier appareil photographique à pellicule.
Le nom Kodak sert alors rapidement à désigner n’importe quel appareil photo destiné aux amateurs. La taille du marché de la photographie s’en trouve démultipliée, s’entendant progressivement au-delà des univers professionnels.
Cinématographe
1888 Edison invente puis commercialise le Kinétoscope
Il s’agit d’un appareil de visionnage individuel d’images animées rendu possible par l’usage de pellicule en celluloïd souple facile à stocker dans la chambre de visionnage de l’appareil. Edison cherche à tirer les enseignements du gramophone et cible d’emblée le marché du loisir. Etant un concepteur de machine à sous, il conçoit son innovation comme un appareil individuel qu’il vendra en de nombreux exemplaires à des salles spécialisées sur le modèle économique des halls phonographiques.
1895 : Lumière, Méliès et Pathé jettent les bases du cinéma
A l’inverse d’Edison et de son assistant qui n’ont pas une culture spécifique de la photographie mais sont des inventeurs, Lumière connait parfaitement le métier de photographe ainsi que l’industrie de la carte postale et tout comme Méliès il appartient au milieu du spectacle. Pathé est pour sa part un entrepreneur avec une expérience importante du spectacle populaire, des forains et du music-hall, qu’il a acquise en commercialisant de phonographes.
1904-1914 : Pathé construit son industrie cinématographique par concentration verticale
Pathé construit son industrie cinématographique par concentration verticale afin de maîtriser toute la chaîne de production, du matériel de projection aux studios de production du contenu. Les économies d’échelle sont donc présentes à tous les niveaux, à commencer par la possibilité de multidiffusion d’une œuvre dans différentes salles. Celle-ci est à mettre en regard des coûts du spectacle vivant et permet d’expliquer la concentration rapide des bénéfices.
1905 : les foires : les premières salles de cinéma
Les visionnages se font encore dans les foires qui vont pour certaines progressivement se sédentariser, donnant naissance à des salles de projection cinématographique fixes. Par la suite, Pathé ne vendra plus ses pellicules mais se contentera de locations aux salles de cinéma, afin de maximiser ses gains.
1914 : Le star-system vient à bout du divertissement populaire impersonnel
Le Trust d’Edison centré sur le divertissement populaire s’effondre face à des producteurs indépendants qui décident de populariser les acteurs principaux de leurs films, mettant sur pied le concept de star-system.
1918 : concentration de l’industrie Européenne du cinéma fragilisée par la guerre
Pathé fragilisé par la guerre cède une grande partie de son activité de production à Kodak.
1920 : Koulechov, à la tête du VGIK de Moscou, crée le premier laboratoire d’expérimentation spécialisé dans les techniques de montage cinématographique.
1914-1926 : l’industrie américaine du cinéma ébauche sa forme quasi-définitive
Avec l’aide des Banques les sociétés américaines de production mettent en œuvre une stratégie de concentration verticale sans précédent aboutissant à la constitution de futurs géants (Universal, Fox, Warner, Paramount, MGM etc...)
1926 : le cinéma parlant
Les producteurs de Hollywood résistent à l’introduction du parlant que tentent d’introduire avec leurs normes respectives A.T.T. et R.C.A. Cette nouvelle concurrence sert d’avantage stratégique aux producteurs moins dominants sur le marché du muet et mène même à la création de la nouvelle société de production R.K.O. par la R.C.A. Le parlant ne réalisera toutefois pas le saut quantitatif en terme de popularisation du média qu’avait par exemple permis le passage au disque microsillon. Le muet a en effet déjà réalisé une pénétration très importante dans la population. Le passage technologique au parlant aura toutefois comme conséquence d’arrêter brutalement la production de films muets.
1960 : le cinéma couleur
L’introduction de la couleur date de 1935 mais n’est véritablement généralisée qu’à la fin des années 50. Contrairement au passage au parlant, la couleur ne stoppe brusquement la production de films en noir et blanc.
Télévision en noir et blanc
1933 : Goebbels ministre de la Propagande
Goebbels, lecteur de Bernays, est nommé ministre du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande. Presse, radio, cinéma et spectacle sont progressivement transformés en instruments de propagande.
1935 : Goebbels étend la propagande à la télévision
Goebbels étend la propagande nazie à la télévision, mais malgré les subventions à la consommation le prix encore élevé des appareils la rend moins stratégique que le cinéma et la radio dans le contrôle de l’opinion : un téléviseur coûte environ 600 Reichsmarks, une radio 35, une place de cinéma quelques Marks.
1935 : Paul Nipkow lance à Berlin le premier journal hebdomadaire en direct à la télévision.
1945 : prise de conscience de la télévision comme outil stratégique
Comme pour la radio, l’enjeu de souveraineté pour la télévision s’est révélé vital pendant la guerre car les fréquences ont un usage dual, militaire et civil : des guerres stratégiques de standards nationaux vont donc avoir lieu dans le monde entier pour des raisons qui sont à la fois industrielles et politiques.
1949 : la création de la R.T.F. en France a pour objet de permettre à l’Etat de réguler l’utilisation des médias radiophonique et télévisuel.
La télévision en couleur
1953 : le N.T.S.C. est adopté par les américains comme norme pour la télévision couleur.
1967 : P.A.L. versus S.E.C.A.M.
Les européens cherchent à mettre au point un système de télévision couleur plus performant que la norme américaine emprunte d’un certain nombre de défauts. Dans cette optique les Allemands développent le P.A.L. qui sera adopté par le reste de l’Europe à l’exception de la France qui choisira pour des raisons politiques la norme S.E.C.A.M. inventé par Henri de France, avant de la revendre aux Russes.
1970 : P.A.L s’étend dans le monde pour des raisons de conception technique
Les téléviseurs P.A.L. s’imposent dans la majorité du reste du monde non-pas tant à cause de la norme par elle-même, que de la technologie des tubes cathodiques équipant en série ces téléviseurs. Les téléviseurs P.A.L. disposent effectivement d’un tube cathodique à masque plus facile à industrialisé que le tube à grille français, or le tube représente jusqu’à un tiers du coût de production du téléviseur, rendant la méthode conception de la pièce stratégique.
Notes
Patrice Flichy, Les industries de l’imaginaire, pp 23-28 56-60
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Publié le 02/11/2009, modifié le 02/11/2009


