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Jalons historiques musique & radio
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Publié le 02/11/2009, modifié le 02/11/2009
Phonographe et Gramophone
1877 : Thomas Edison dépose le brevet du premier phonographe
1888 : Edison rate le marché des amateurs et cible les professionnels
Edison commercialise son phonographe en visant le marché des entreprises, spécifiquement à destination des sténographes. Il s’agit donc de promouvoir une pratique point à point de l’enregistrement sonore. La résistance de la profession l’oblige à se réorienter sur le marché du loisir pour garantir sa rentabilité.
1889 : Berliner invente le gramophone à disque et cible le marché des amateurs avertis
Emile Berliner invente le gramophone à disque pour remplacer le système sur rouleau d’Edison. Son entreprise se spécialisera dans les enregistrements d’interprètes de qualité, au début à destination des bourgeois amateurs avertis, souhaitant parfaire leur pratique.
1891 : le phonographe trouve un débouché inattendu comme précurseur du jukebox
L’appareil sert alors déjà sous forme de machine à sous, à diffuser un morceau de musique dans des halls phonographiques spécialisés. Le problème de la duplication du rouleau gravé fait néanmoins barrière à l’essor industriel du dispositif.
1900 : Pathé élargit le marché en vendant un phonographe à crédit
Lors de l'exposition universelle de Paris, La société Pathé reçoit un grand prix pour son phonographe "le gaulois". Ce phonographe dispose d'une tête d'écriture et d'une tête de lecture et pourra être vendu à crédit favorisant sa popularisation.
1929-1948 : fortes concentrations des capitaux dans les industries de diffusion et de contenus audio
Aux Etats-Unis et en Europe, l’industrie du disque passe majoritairement sous contrôle des géants locaux de la radiodiffusion. L’industrie du contenu musical et des lecteurs appartient aux mêmes capitaux.
1948 : C.B.S. invente le microsillon
Radiodiffusion
1900 : Tesla invente la radiodiffusion (avant Marconi).
1903 : un émetteur sur la tour Eiffel
Le premier émetteur est hissé au sommet de la tour Eiffel, il dessert la communication à destination des navires de guerres et des colonies, sous l’égide de la compagnie générale radiotélégraphique.
1903-1918 : la radio conserve un usage réservé aux militaires et amateurs passionnés
La radiodiffusion reste principalement réservée à l’usage militaire et aux radioamateurs, en faisant dans les deux cas une pratique de radiotéléphonie de pair à pair. La filière technique s’inspire encore essentiellement du concept de liaison point à point du télégraphe et du téléphone, délaissant complètement la diffusion en direction d’une multitude de récepteurs.
A partir de 1920 : Westinghouse positionne sa radio comme produit de consommation
Westinghouse, producteur d’énergie, délaisse la vente de récepteurs radios en kit pour commercialiser des dispositif prêts à l’emploi. Ces derniers permettront d’écouter les émissions diffusées selon une certaine régularité par les émetteurs Westinghouse : la construction d’un nouveau marché de masse débute.
Années 1920 : la concurrence aux U.S.A. fait naître deux modèles économiques distincts
Aux USA, deux initiatives s’opposent :
- Westinghouse et General Electric s’associent pour mettre sur pied le groupe de radiodiffusion R.C.A. Leur approche se concentre sur la construction d’émetteurs et l’acquisition des droits des contenus qu’ils diffusent. Leur modèle économique consiste à imposer comme contrainte éditoriale des émissions une promotion constante de leur matériel de réception.
- A.T.T. déjà un géant des télécoms, développe un groupe de radiodiffusion concurrent en dissociant volontairement propriété des contenus et des infrastructures, se concentrant sur ces derniers investissements. Le contenu est vendu aux producteurs sous forme de temps d’antenne. D’un point de vue technologique, l’entreprise réalise d’importantes économies d’échelles en interconnectant ses antennes avec ses infrastructures télécoms, afin de diffuser des émissions uniques simultanément sur plusieurs émetteurs du réseau.
1926 : l’industrie de contenu s’émancipe progressivement
Les deux initiatives R.C.A. et A.T.T. se rejoignent afin de partager leurs brevets. La même année est créée N.B.C. dont le succès est à attribuer à l’attention que la chaîne attache à la gestion des artistes et à leur sélection. La cartographie du secteur radiophonique contemporain est encore très fortement conditionnée par la genèse des années 20.
1945 : la souveraineté des ondes se révèle comme un enjeu stratégique pour les nations
L’enjeu de souveraineté pour la radio se révèle vital lors de la guerre, les fréquences radio ont en effet un usage dual, à la fois militaire et civil. Des guerres de standards nationaux d’importance vont donc avoir lieu dans le monde entier pour des raisons à la fois industrielles et politiques. L’exemple de la radio en R.F.A. est éclairant : les alliés contraignent la république à utiliser les ondes radio moyennes distance afin de limiter drastiquement leur couverture géographique. C’est paradoxalement cette contrainte forte qui mènera les chercheurs allemands à inventer les appareils décodant les ondes radios modulée en fréquence, autrement dit la FM.
1949 : la France crée la R.T.F. garantissant à l’Etat un contrôle total sur l’utilisation des médias radiophonique et télévisuel.
1970 : les radios libres
Dans toute l’Europe des radios libres fonctionnant sans autorisation étatique commencent à émettre sur des zones temporelles et géographiques réduites remettant en cause le monopole étatique sur l’utilisation des ondes à destination du public.
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Publié le 02/11/2009, modifié le 02/11/2009
Notes
Patrice Flichy, Les industries de l’imaginaire, pp 20 28-31


